La tribune internationale de Montréal
Abdou Diouf
Abdou Diouf Secrétaire général de la Francophonie

Quel avenir pour la Francophonie après le Sommet de Québec? 25 mars 2009

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Abdou Diouf est né le 7 septembre 1935 à Louga au Sénégal. Il entreprend des études de droit à la Faculté de Dakar et les poursuit à Paris, puis il devient breveté de l’École Nationale de la France d’Outre-Mer (ENFOM) en 1960. À 25 ans, il commence une carrière de haut fonctionnaire au Sénégal en assumant successivement les postes de Directeur de la Coopération technique internationale (1960), de Secrétaire général du Ministère de la Défense (1961) et de Gouverneur de la région du Sine Saloum (1961-62).

Directeur de Cabinet du Président Léopold Sédar Senghor en 1963, puis Secrétaire général de la Présidence de la République du Sénégal en 1964, il devient ensuite Ministre du Plan et de l’Industrie de 1968 à 1970. En février 1970, il est nommé Premier ministre, fonction qu’il occupe pendant 11 ans.

Il devient Président de la République du Sénégal le 1er janvier 1981, à la suite de la démission du Président Senghor. Il est reconduit dans ses fonctions lors des élections de 1983, 1988 et 1993. Il cède sa place à Abdoulaye Wade à la tête de l’État sénégalais lors des élections présidentielles de mars 2000. Ses différents mandats furent placés sous le signe de la politique d’ouverture au multipartisme, de la libéralisation progressive de l’économie et de la décentralisation.

Abdou Diouf a contribué à faire entendre la voix du Sénégal dans le monde et a lutté pour une plus grande unité africaine, notamment en assumant les fonctions de Président en exercice de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA, devenue aujourd’hui l’Union africaine) et Président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il a aussi exercé les fonctions de Président du IIIe Sommet de la Francophonie, organisé à Dakar en 1989, jusqu’au Sommet suivant, organisé à Paris, en 1991.

En 2002, à l’occasion du IXe Sommet de la Francophonie à Beyrouth, Abdou Diouf a été élu Secrétaire général de la Francophonie pour un premier mandat. Son mandat a ensuite été renouvelé en 2006 et 2010. Son troisième mandat à la tête de l’OIF prendra fin en 2014.

Compte rendu de la conférence :

M. Diouf a d’abord tenu à souligner que c’était pour lui un honneur et un plaisir d’être parmi nous, parce que le Québec incarne, selon lui, la quintessence des potentialités de la Francophonie, en démontrant que l’on peut commercer, enseigner, s’informer, créer, vivre en français, dans un océan anglophone, tout en restant dynamique, compétitif, imaginatif, ouvert sur le monde, et ce, sans renier son identité. M. Diouf a poursuivi en réitérant les engagements et les revendications de la Francophonie en faveur du développement durable, de l’accès à l’éducation, de la promotion des droits de l’Homme et du respect de la diversité, tout cela parallèlement à la promotion de la langue française. Le Secrétaire général a par ailleurs soulevé les défis auxquels fait face la Francophonie et a appelé à plus de transparence, d’efficacité et de rigueur. Il a notamment déploré le fait que certains membres de la communauté francophone, malgré l’adoption à Bucarest d’un vade-mecum précisant les conditions d’emploi du français dans les organisations internationales, y préfèrent l’usage de l’anglais, alors que rien ne les y oblige. Pour appuyer ses propos, M. Diouf a cité le politicien français Georges Clémenceau en affirmant qu’il faut savoir ce que l’on veut; quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire; et quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire. Enfin, c’est en répondant à une question du public que M. Diouf a abordé la question de la suspension de Madagascar au sein de la Francophonie, en soulignant que le transfert de pouvoir non constitutionnel dans ce pays devait être sanctionné. Le Secrétaire général a aussi mentionné qu’il était évident, dans les circonstances actuelles, que Madagascar ne pourrait être l’hôte du prochain Sommet de la Francophonie en 2010.

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