La tribune internationale de Montréal
Paul Martin
Le très honorable Paul Martin Ex-Premier ministre du Canada

Quel avenir pour le système financier mondial ?

12 novembre 2008
Série Affaires

Paul Martin est né à Windsor, en Ontario, en 1938. Il a étudié la philosophie et l’histoire au Collège St. Michael de l’Université de Toronto, il est diplômé de l’École de droit de l’Université de Toronto, et il a été admis au Barreau de l’Ontario en 1966. Avant de se lancer en politique, M. Martin a œuvré dans le secteur privé, d’abord comme cadre chez Power Corporation du Canada, à Montréal, puis comme président-directeur général de Canada Steamship Lines.

Élu pour la première fois au Parlement fédéral en 1988, Paul Martin y a représenté la circonscription montréalaise de LaSalle-Émard jusqu’en octobre 2008. Il a été nommé ministre des Finances par le premier ministre Jean Chrétien en novembre 1993, fonction qu’il a exercée jusqu’en juin 2002. Alors que M. Martin était ministre des Finances, le Canada a connu cinq excédents budgétaires consécutifs et effacé des déficits totalisant 42 milliards $.
Les politiques budgétaires mises de l’avant par M. Martin ont permis de rembourser une part importante de la dette nationale et de mettre en œuvre des réductions d’impôts sans précédent dans l’histoire du pays. En septembre 1999, Paul Martin a présidé l’inauguration du G20, un groupe international de ministres des Finances et de gouverneurs de banques centrales qui rassemble les dirigeants des pays du G7 et des économies émergentes. Le respect qu’on lui manifeste à travers le monde est dû en partie au rôle clé qu’il a joué pour instaurer un nouvel ordre mondial contre des crises financières internationales.

Paul Martin a été le 21e Premier ministre du Canada de décembre 2003 à février 2006. Parmi ses nombreuses réalisations en tant que Premier ministre, on compte notamment la négociation d’un plan décennal de 41 milliards $ voué à l’amélioration des soins de santé et la réduction des temps d’attente, ainsi que la conclusion, en novembre 2005, de l’Accord de Kelowna. Appuyé par les provinces, les territoires, et les représentants des Premières Nations, cet accord a pour objectif premier l’élimination du clivage entre les Canadiens autochtones et leurs concitoyens non autochtones dans les domaines de la santé, de l’éducation, du logement et des perspectives économiques.

Paul Martin met aujourd’hui son expertise et sa réputation au service du développement international. À titre de co-président d’un groupe d’experts de haut niveau au sein de la Banque Africaine de développement, il a récemment soumis un rapport proposant une nouvelle vision stratégique pour cette institution. M. Martin a également co-présidé un rapport de la Commission des Nations Unies sur le secteur privé et le développement, et il co-préside actuellement un Fonds fiduciaire de 100 millions $ visant à réduire la pauvreté et à promouvoir le développement durable dans les forêts du Bassin du Congo. Au niveau national, il préside une nouvelle initiative, en coopération avec des entreprises locales et les Ministères de l’éducation, visant à aider les jeunes autochtones à compléter leurs études secondaires.

Compte rendu de la conférence :

Selon M. Martin, il faut impérativement mettre en place des mécanismes de réglementation mondiaux afin d’apporter une plus grande stabilité aux marchés financiers internationaux. L’implantation de cette réglementation ne peut passer que par un forum plus représentatif de la réalité économique du marché mondial actuel. À cet égard, M. Martin a souligné que le G8 n’est plus adéquat et qu’il est urgent d’y intégrer les économies émergentes telles que la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et le Mexique. Selon lui, deux scénarios principaux se profilent déjà à l’horizon : un élargissement du G8 aux pays du G20 financier actuel, ou un G6 limité à la Chine, aux États-Unis, à l’Europe, à l’Inde, au Japon, et à la Russie. Pour M. Martin, ce dernier scénario serait indéniablement le plus inquiétant puisque le Canada en serait exclu, aussi il est important pour nous de travailler à la création d’un G20 permanent des chefs d’État.

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