La tribune internationale de Montréal
Louis Audet
Louis Audet Président exécutif du conseil d'administration, Cogeco

Une harmonie sociale en péril : une menace pour la démocratie ?

17 octobre 2018
Série Affaires

En août 2018, nous avons demandé à CROP de produire un sondage sur le sentiment d'exclusion au Canada. Le niveau de cynisme face aux élites est de 65% chez les Canadiens et 42% se sentent exclus face à l'avenir. Ces constatations n'augurent pas bien pour ce qui est de l'harmonie sociale.

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Louis Audet est titulaire d’un diplôme d’ingénieur, électronique et communication, de l’École Polytechnique de Montréal et d’un MBA de la Harvard Business School.

Avant de se joindre à Cogeco, M. Audet a œuvré dans la gestion de projets d’ingénierie chez Bell Canada pendant quatre ans. Il a également été adjoint au vice-président, développement, de CF câble TV. Il se joint à Cogeco en 1981, à titre de directeur des ventes nationales des entreprises de télévision du groupe. Il est ensuite successivement vice-président au marketing et développement et vice-président exécutif avant d’être nommé président et chef de la direction de Cogeco et Cogeco Communications en 1993.

Sous la direction de Louis Audet, Cogeco est devenue l’une des plus importantes entreprises de communication au Canada, affichant des revenus annuels de plus de 2,3 milliards de dollars en 2017. Il a, par ailleurs, piloté la percée américaine de la société en 2012 dans le cadre de l’acquisition du câblodistributeur Atlantic Broadband et son expansion par l’acquisition de MetroCast en janvier 2018. C’est le 1er septembre 2018 qu’il devient président exécutif du conseil d’administration de Cogeco et de Cogeco Communications.

M. Audet est membre du conseil d’administration de CableLabs. Il a aussi siégé sur les conseils d’administration, entre autres, de l’Association canadienne de télévision par câble, de l’Association canadienne des radiodiffuseurs et de l’Association canadienne de la radio et de la télévision de langue française. Au cours des années, il a été reconnu maintes fois par la communauté d’affaires et philanthropique pour ses contributions importantes, notamment pour la présidence de la campagne 2017 de Centraide du Grand Montréal et celle de la campagne majeure de financement de la Fondation de la Mission Old Brewery.

Thèmes abordés :

  • Les inégalités sociales croissantes et le risque qu’elles mènent à l'éclatement des sociétés démocratiques contemporaines
  • L'indicateur avancé de cet éclatement : les attaques populistes envers les fondements mêmes de nos démocraties
  • Quelles pistes s'offrent à nous pour sauvegarder nos sociétés harmonieuses ?

Compte rendu de la conférence :

M. Audet a entamé son allocution en dénonçant les inégalités croissantes entre les individus et les groupes au Canada et ailleurs dans le monde. Cette dislocation de la société semble avoir favorisé l’émergence d’un sentiment d’exclusion chez près de 42% des Canadiens et du cynisme envers les élites qui atteint 65%, selon un sondage CROP commandé par Cogeco. Il a également déploré que le Canada ait un déficit d’investissement et des retards de productivité liés notamment à des politiques qui tiennent davantage du populisme que du pragmatisme économique.

Selon M. Audet, les pistes de solutions pour préserver l’harmonie sociale et réduire les écarts de richesse passent par des actions concrètes de nos gouvernements et du milieu des affaires. En ce sens, il a remis en question le fonctionnement actuel du libre-marché et critiqué la spéculation et le profit à court terme recherché par les milieux financiers, notamment par les hedge funds. Il a aussi expliqué qu’une croissance équitable et une juste redistribution de la richesse passent par un plan concret pour favoriser les investissements et la productivité. M. Audet est d’avis que la faiblesse de la loi canadienne sur la concurrence, qui ne balise pas assez les activités des multinationales, est contraire aux intérêts publics. Dans un contexte où quelques joueurs opèrent des fusions excessives et contrôlent l’ensemble du marché, il a aussi appelé le milieu des affaires à revoir ses façons de faire et exercer un leadership dans la refonte d’un système qui ne serait pas uniquement basé sur la recherche du plus bas coût.

En conclusion, M. Audet a mis l’accent sur la nécessité des gouvernements de mettre en place des moyens concrets pour mieux favoriser l’éducation et accroître le taux de diplomation afin de créer de meilleures conditions sociales, une condition inhérente à la lutte contre les inégalités, selon lui.

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