La tribune internationale de Montréal
Lawrence H. Summers, Paul Martin

Turbulences économiques et crises financières : quel avenir pour le G20 ?

16 octobre 2019 Lawrence H. Summers Ancien Secrétaire au Trésor des États-Unis,
Cofondateur du G20, Président émérite, Université Harvard
Le très honorable Paul Martin Ancien ministre des Finances et Premier ministre du Canada,
Cofondateur du G20
Série Économie Mondiale
Photos de l’événement

G20 has got to be used as a dress rehearsal for the world that lies ahead, not the world that exist today.

Lawrence H. Summers Lire la biographie

Lawrence H. Summers est titulaire d’un baccalauréat en sciences du Massachusetts Institute of Technology et d’un doctorat en économie de l’Université Harvard. Il entame sa carrière en 1982 comme économiste aux politiques intérieures pour le Comité des conseillers économiques du président Ronald Reagan. L’année suivante, il devient professeur d’économie à l’Université Harvard avant d’être nommé vice-président, économie du développement, et économiste en chef de la Banque mondiale en 1991.

M. Summers devient, en 1993, sous-secrétaire au Trésor des États-Unis pour les affaires internationales. En 1995, il est promu secrétaire adjoint au Trésor. C’est en 1999 qu’il est nommé secrétaire au Trésor par le président Bill Clinton. En 2001, il devient président de l’Université Harvard. Entre 2008 et 2010, M. Summers a également occupé le poste de directeur du Conseil national économique du président Barack Obama.

Contexte :

Le G20 a aujourd’hui 20 ans. Fondé en 1999 par Lawrence H. Summers et Paul Martin, il réunissait au départ les Ministres des Finances et les Gouverneurs des Banques centrales des pays membres. C’est lors de la crise financière mondiale de 2008 qu’a eu lieu le premier Sommet réunissant les chef d’États des pays membres du G20. La stabilité économique mondiale, le libre commerce et la coopération économique font parties des priorités du G20 depuis ses débuts.

Alors que nous assistons à une montée du protectionnisme dans de nombreuses économies du G20 et à une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, la mondialisation telle que nous l’avons connue est fragilisée. Ces bouleversements ont également un impact majeur sur les marchés financiers internationaux. Quel avenir et quel rôle pour le G20 face à ces turbulences économiques internationales dans un contexte de transformations numériques majeures?

Compte rendu de l'événement :

Dans le cadre de la discussion dirigée par Christopher Ragan, directeur de l’École Max Bell de Politique Publiques, Paul Martin a d’abord rappelé que c’est notamment la position du G7 face à la crise financière asiatique et celle entourant les dettes des pays émergents qui ont démontré la nécessité d’impliquer les puissances économiques régionales au sein d’un même forum multilatéral. Il a d’ailleurs salué l’appui de M. Summers et des États-Unis, dont le poids a su convaincre les autres pays du G7 à se rallier au projet. M. Summers a ajouté que cette réussite est le fruit d’une vision commune des administrations de l’époque et que le Canada ne pourrait certainement pas répéter cet exploit auprès de l’administration Trump, qui prône plutôt la menace et les exigences dans la conduite de sa politique étrangère.

Questionné sur les principales réussites du G20, M. Summers est d’avis que la plus grande victoire a été d’amener les pays émergents à la table des discussions internationales et d’entrevoir les problèmes économiques avant qu’ils n’arrivent. Il croit d’ailleurs que c’est la mobilisation du G20 autour de la crise financière de 2008 qui a permis d’éviter une situation aussi catastrophique que la Grande dépression des années 1930.

Nos invités se sont ensuite intéressés au futur du G20 et, principalement, à son rôle face aux défis mondiaux, comme les changements climatiques. M. Martin a expliqué que le contexte géopolitique change, passant d’une hégémonie américaine à une séparation en plusieurs pôles d’influence. Il est donc impératif d’avoir des forums internationaux comme le G20 pour amener ces différents pôles à la même table de discussion pour débattre des enjeux internationaux. Pour sa part, M. Summers a rappelé l’importance de ramener la coopération internationale au niveau des populations et non seulement des élites. Il est également primordial, selon lui, de s’intéresser aux problèmes économiques nationaux qui auront des conséquences à long terme sur l’appui des pays. En accord, M. Martin a également rappelé qu’il faut repenser la souveraineté des États au sein d’une souveraineté partagée pour faire face aux défis du monde à venir.

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