La tribune internationale de Montréal
Stefania Giannini, Maryse Lassonde

Vers 2030 : comment renforcer l’initiative mondiale pour une éducation de qualité pour tous ?

12 mai 2021 Stefania Giannini Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour l’éducation Maryse Lassonde Présidente, Conseil supérieur de l'éducation du Québec
Série Science et Innovation

À son pic, 1,5 milliard d’étudiants étaient affectés par la fermeture de leur établissement scolaire partout. C’est la plus grande rupture de l’éducation dans l’histoire.

Stefania Giannini | Lire la biographie

Stefania Giannini est diplômée de la Università di Pisa en lettres classiques et détient un doctorat en linguistique de la Università di Pavia. Elle débute sa carrière en 1992, à titre de professeure de linguistique à l’Université de Pérouse. En 2004, elle devient rectrice de cette même université et ce jusqu’en 2012. De 2005 à 2009, elle est également membre du Comité de sélection du programme Erasmus Mundus à Bruxelles, en plus d’être chargée des relations internationales au sein du Comité de la Conférence des recteurs des universités italiennes de 2006 à 2010. D’ailleurs, elle est également membre de la Commission nationale pour la promotion de la culture italienne à l’étranger au ministère des Affaires étrangères de 2006 à 2011.

Elle se lance en politique en 2013, où elle siège en tant que sénatrice de la République d’Italie jusqu’en 2013. Entre 2014 et 2016, elle exerce d’ailleurs la fonction de Ministre de l’Éducation, des Universités et de la Recherche d’Italie. C’est en 2018 qu’elle est nommée Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour l’éducation.

Fiche du conférencier
Maryse Lassonde | Lire la biographie

Maryse Lassonde est diplômée de l’Université de Montréal en psychologie et détient un doctorat de l’Université Stanford en neuropsychologie. Elle a également un certificat en gestion des sociétés de l’Université Laval.

Elle débute sa carrière en 1977 en tant que professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières, un poste qu’elle occupe jusqu’en 1988. Cette même année, elle se joint à l’Université de Montréal, où elle sera professeure titulaire en psychologie. En 2012, elle est nommée directrice scientifique du Fonds de Recherche du Québec-Nature-Technologies, un poste qu’elle occupe toujours. C’est en 2018 qu’elle prend les rênes du Conseil supérieur de l’éducation du Québec en tant que présidente.

Fiche du conférencier

 

Thèmes abordés :

  • L’Agenda 2030 pour l’éducation
  • Les leçons apprises au cours de la pandémie et les défis à venir
  • La nécessité d'un engagement sociétal pour l'éducation

Compte rendu de l'événement :

Mme Giannini a débuté en rappelant que son organisation est responsable d’atteindre l’objectif d’une éducation universelle de qualité pour tous d’ici 2030, un des objectifs de développement durable des Nations unies. Cependant, la pandémie aura un impact sur l’atteinte de cet objectif puisqu’elle a accentué une crise qui sévissait dans certains pays, où 200 millions de jeunes n’avaient pas accès à une éducation. À son pic, 1,5 milliard d’étudiants étaient affectés par la fermeture de leur lieu d’enseignement. Ceci pourrait engendrer une hausse des inégalités, particulièrement pour les jeunes filles, alors que l’on assiste à une hausse des mariages précoces.

L’école à distance a permis de poursuivre le cheminement scolaire, mais a mis au grand jour des inégalités socio-économiques, linguistiques et numériques. Près de 500 millions d’étudiants ne pouvaient se permettre une éducation à distance durant les mesures de confinement. Mme Giannini a établi trois priorités, soit un retour en classe avec des mesures sécuritaires, le soutien aux enseignants pour qu’ils puissent continuer leur travail ainsi que de soutenir les innovations pédagogiques. Elle a également soutenu que l’apprentissage à distance n’est pas un substitut parfait à un enseignement en personne, puisque d’autres facettes toutes aussi essentielles au développement, tel que le tissage de liens sociaux, ne peuvent se faire en ligne. De plus, elle estime qu’il faut aussi s’attaquer aux propos haineux et à la désinformation en renforçant l’éducation au numérique.

Il y a cependant eu du positif qui est sorti de la crise sanitaire. Elle a forcé la modification des systèmes traditionnels pour prévenir une rupture de l’éducation, ce qui a amené plusieurs innovations. L’UNESCO a également réuni 175 partenaires des secteurs publics et privés pour monter une coalition mondiale afin de soutenir les gouvernements et les institutions éducatives. Le but est de créer une plateforme ouverte pour partager des outils qui ont été développés pendant la pandémie.

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