La tribune internationale de Montréal
Franz Fayot, Carole Brückler, Thomas Dentzer, Joanne Guay

Innovations en informatisation du secteur de la santé : défis et opportunités

23 juin 2022 Franz Fayot Ministre de l'Économie du Luxembourg Carole Brückler Directrice des Technologies Numériques de Santé, Ministère de l’Économie du Luxembourg Thomas Dentzer Directeur des stratégies, Ministère de la Santé du Luxembourg Joanne Guay Directrice de l’intégration technologique, CHUM
Série Politique
Photos de l’événement
La discussion sera animée par :

Aude Motulsky
Professeure, École de santé publique de l’Université de Montréal
Directrice adjointe, Consortium Santé Numérique
Chercheure, Centre de recherche du CHUM

Un des secteurs phare de notre diversification économique, c’est l’idée de relier la santé et l’économie des données.

Franz Fayot | Lire la biographie

Franz Fayot a poursuivi des études en droit à Luxembourg ainsi qu’à Paris et détient un DEA en droit des affaires de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

De 1997 jusqu’à son entrée au gouvernement, il est membre du barreau du Luxembourg. Il est avocat associé au cabinet Elvinger, Hoss & Prussen de 1997 à 2015. Il est ensuite partenaire au sein du cabinet FischFayot de 2015 à 2020.

Franz Fayot devient membre du Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (LSAP) en 1994. Il a été député à la Chambre des députés de 2013 à 2018. Il agit également à titre de rapporteur du budget 2015. En 2019, il est élu président du LSAP et il fait son entrée au gouvernement luxembourgeois en 2020, où il est nommé ministre de l’Économie, de la Coopération et de l’Action humanitaire.

Fiche du conférencier
Carole Brückler | Lire la biographie

Carole Brückler détient une maîtrise en chimie de l’Université de York et un doctorat en chimie de l’Université d’Édimbourg.

Elle débute sa carrière en 2006 chez Tocris Bioscience en tant que chimiste. Elle rejoint ensuite Deallus, une firme de services-conseils en sciences de la vie, en 2008, où elle occupe des postes à responsabilités croissantes. Elle débute ainsi comme associée, avant d’être nommée responsable de l’engagement en 2009. Elle est ensuite promue directrice des opérations pour l’Union européenne et directrice d’unité d’affaires en 2010 puis directrice des opérations Asie-Pacifique en 2011. Par la suite, elle est nommée partenaire pour la direction du Japon et de l’Asie-Pacifique en 2012. Elle est finalement désignée cheffe de l’exploitation en 2015.

Par après, Carole Brücker rejoint Reach52 à titre de conseillère principale en 2016. Elle se joint par la suite à Clinical Insights en 2017 à titre de vice-présidente, solutions d’affaires. C’est en 2019 qu’elle rejoint le ministère de l’Économie du Luxembourg, où elle débute comme conseillère stratégique pour les technologies de santé. C’est en 2021 qu’elle est directrice des technologies numériques de santé.

Fiche du conférencier
Thomas Dentzer | Lire la biographie

Thomas Dentzer est diplômé en biologie l’Institut de technologie Karlsruhe en Allemagne. Il détient également une maîtrise en biologie de l’Université de Freiburg et un doctorat en virologie de l’Université Rockefeller.

Il débute sa carrière comme consultant pour les soins de santé et les sciences de la vie chez Deloitte en 2011. Il rejoint ensuite Luxinnovation en 2012 à titre de chef au développement des sciences de la vie et de responsable de la grappe biohealth. En 2017, il rejoint le ministère de la Santé du Luxembourg en tant que chef de division. C’est en 2019 qu’il est nommé Directeur des stratégies au sein du ministère. Il fait également partie de la cellule de crise du Luxembourg pour faire face à la pandémie.

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Joanne Guay | Lire la biographie

Joanne Guay détient un DEC du collège de Rosemont en technologie biomédicale, un baccalauréat de l’Université de Montréal en gestion des ressources humaines, des services de santé et relations industrielles ainsi qu’une maîtrise en gestion et développement des organisations de l’Université Laval.

Elle débute sa carrière au CHUM en tant que coordonnatrice administrative en 1998. Elle est ensuite nommée directrice adjointe à la direction des regroupements de clientèles en 2010. En 2013, elle fait un saut au CSSS Champlain Charles-Le Moyne où elle est directrice des ressources informationnelles et des technologies biomédicales. Elle retourne au CHUM en 2015 et elle occupe depuis le poste de directrice des technologies informationnelles et des télécommunications.

Fiche du conférencier

 

 

Résumé :

L’innovation offerte par des technologies numériques offre le potentiel de rapprocher la politique de santé du besoin du patient. Les défis liés à l’adoption des innovations numériques en santé par les patients et les professionnels de santé sont multiples (protection de données, financement/remboursement, règlementaire, etc.). Les leviers pour faciliter ces changements de culture et ouvrir ainsi les portes d’un réel marché à haut potentiel en termes de valeur ajoutée pour les start-ups et autres entreprises concernées nécessitent de la créativité et de l’expérimentation au niveau des écosystèmes.

Compte rendu de l'événement :

La conférence a débuté avec l’allocution de Franz Fayot. Il a mentionné que l’innovation est au cœur de la stratégie du Luxembourg. Elle ne consiste pas seulement à développer de nouvelles technologies, mais surtout de s’adapter au nouveau contexte géopolitique et aux difficultés des chaînes d’approvisionnement. Il estime donc que les pays qui partagent les mêmes valeurs démocratiques devraient collaborer entre eux et se détourner des pays autocratiques. D’ailleurs, les champs de collaboration entre le Canada et le Luxembourg sont nombreux, notamment dans le numérique, l’économie des données ou de la santé. Sur ce dernier point, il a rappelé qu’un des points phares de la diversification économique luxembourgeoise est de relier économie des données et santé, où l’avenir de celle-ci passe par une meilleure utilisation des données.

Le ministre a ensuite fait place aux panélistes. Carole Brückler et Chantale Guay ont débuté en présentant les systèmes de santé luxembourgeois et québécois afin d’en faire ressortir les similarités. Mme Brückler a poursuivi en soulignant l’initiative du Luxembourg de tester des technologies de santé numérique en développement afin de faire leur validation clinique plus tôt pour ainsi avoir accès à des systèmes plus adaptés rapidement. Par la suite, Thomas Dentzer a rajouté que le système actuel ne s’harmonise pas aux besoins précis des patients et qu’il faut donc l’adapter pour mettre le patient au centre des priorités. La numérisation peut aider à mettre en place cette médecine du futur, qui se concentrerait sur la prévention, voir la prédiction des maladies.

Par ailleurs, Mme Guay est d’avis qu’il faut améliorer les compétences numériques des praticiens afin que les patients aient accès et comprennent bien les données qui leur sont présentées. Mme Brückler croit d’ailleurs que la formation numérique devrait faire partie de la formation médicale de base, car elle estime que c’est la direction que prend la médecine moderne. M. Dentzer pense quant à lui qu’il faut rendre les technologies numériques plus accessibles, car les systèmes compliqués ou vétustes compliquent facilement la tâche des intervenants.

Par la suite, il s’est réjoui que le Luxembourg ait eu une vision d’envergure en matière de numérisation en santé. Il est cependant sceptique par rapport au partage des données entre les intervenants, mais est confiant qu’une bonne utilisation de ces données va permettre d’obtenir de meilleurs résultats pour diagnostiquer et traiter les maladies. Mme Brückler a rajouté que les gouvernements et les innovateurs ont un rôle à jouer pour bien présenter au public les bénéfices de ces nouveaux outils. Par après, Mme Guay a renchéri en rappelant que la pandémie a démontré qu’il est possible d’implanter ces nouveaux systèmes numériques et qu’il faut maintenir les efforts actuels.

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